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Les communicateurs web – Troisième partie

Quand je me promène dans la rue, je vois des sites web partout, chaque boutique, café, restaurant, monument, musée, jardin, église, cinéma, théâtre, transport en commun, et que sais-je encore, correspond à autant de sites présents sur la toile. Malheureusement, c’est comme s’il y avait deux mondes séparés, un monde matériel comportant les choses « réelles », construites en dur, et un monde immatériel, le web, comportant le « virtuel » qui n’est bien souvent pas moins réel. Prenez le site d’une compagnie de chemin de fer, les horaires des trains ne sont-ils pas réels ? Prenez le site d’un cinéma, n’est-ce pas utile de savoir quels sont les films à l’affiche ? Tout cela est bel et bien réel mais vu comme c’est fait, le web étant ce qu’il est aujourd’hui, on a le sentiment d’être plongé dans un autre monde.

Comment faire, donc, pour réunir le monde « en ligne » et le monde « en dur » ? Quelle interface, quelle passerelle, permettra de passer de l’un à l’autre ? La réponse semble évidente, il faut introduire dans le monde en ligne la composante la plus importante du monde matériel, l’espace géographique bien sûr ! On pourrait donc avoir une interface ressemblant à une carte, telle Google Maps, ou à un monde 3D, comme Second Life mais avec le réel comme matière première plutôt que l’imaginaire. Ajoutons la géolocalisation par GPS (ou autre) et imaginons des solutions pour faire des choses aussi évidentes que d’afficher le site web correspondant à l’endroit où nous sommes, ou encore, moins évident mais tout aussi pratique, consulter le plat du jour des restaurants alentours. Les communicateurs apporteront donc, en plus du mode de navigation classique, un moyen d’accéder à l’information en partant d’une représentation physique du monde, réconciliant peut-être ainsi le réel et le virtuel.

Mais il existe une autre composante essentielle qu’il ne faudrait surtout pas négliger, c’est le temps. Comme dans le monde réel, rien n’est permanent sur le web, les choses changent, tout peut se transformer à chaque instant. Les communicateurs proposeront donc des mécanismes de navigation dans le temps afin de répondre à des questions du type de « quel était donc ce restaurant à la place de cette boulangerie ? » ou « quelle pièce ce théâtre présentera-t-il cet été ? » ou bien encore « cette photo a été retouchée, quelle était donc la version précédente ? ».

Je dois maintenant aborder des aspects un peu plus techniques afin de montrer brièvement comment tout cela pourra fonctionner. Où les données seront-elles stockées ? Que deviendront les fournisseurs d’accès et les acteurs du web en général ? Pour répondre à la première question, je dirais presque une évidence, les données des gens devraient pouvoir être stockées par les gens eux-mêmes. Les communicateurs seront donc en mesure de stocker des données et de les diffuser à d’autres communicateurs, sans aucun intermédiaire, à la manière d’une architecture P2P. Cela dit, pour des raisons pratiques, on confiera souvent le stockage des données à un fournisseur tiers, mais ce dernier n’aura rien à voir avec un YouTube ou un Flickr, ce sera plutôt une sorte de disque dur distant, un « datastore » personnel, stockant indifféremment tous les types de données. Ce service pourra être proposé par les fournisseurs d’accès ou par tout autre acteur. D’autre part, on aura la possibilité de déplacer ses données à tout moment d’un fournisseur à l’autre, et cela sans « casser » les éventuels liens qui pointeraient vers ces données. À cet effet, une distinction sera faite entre l’adresse physique d’une donnée et son adresse logique qui servira de référence. Les adresses logiques pouvant quant à elles être données par les fournisseurs d’identités numériques, les seuls acteurs auxquels on sera véritablement attaché puisqu’en changer reviendrait à changer d’identité. Mais là encore, on pourra être totalement autonome si on le souhaite en hébergeant son propre serveur d’identité.

Voilà pour le stockage des données mais il faut aussi se demander qui prendra en charge les éventuels traitements réalisées sur lesdites données ? Car il faut bien des traitements pour créer, modifier et faire toutes sortes de choses intéressantes avec les données. La solution envisagée, une fois n’est pas coutume, offre un maximum de liberté : les traitements pourront se faire partout. À la fois localement, dans nos communicateurs faisant tourner toutes sortes d’applications, mais aussi à distance, les traitements pouvant alors être pris en charge par des services tiers auxquels on aura donné des droits d’accès à nos données.

Tout cela commence à prendre forme mais il manque une dernière pierre à notre édifice. On peut voir sur le web un certain nombre de sites qui font des choses intéressantes en agrégeant des quantités plus ou moins importantes de données. C’est le cas des moteurs de recherche bien sûr, mais il y a aussi tous les sites, tels que YouTube, qui offrent des fonctionnalités communautaires en s’appuyant sur les données qu’ils nous proposent d’héberger. On peut alors se demander ce que deviendront tous ces sites si le stockage des données se fait directement dans les communicateurs ou dans une myriade de « datastores » indépendants ? C’est ici que les datahubs entrent en scène ! Pour réaliser un moteur de recherche ou un YouTube, il suffira de mettre en place un datahub afin d’agréger toutes les informations qui nous intéressent. Peu importe où les données sont stockées, si elles sont publiques elles se propageront à travers les datahubs, et tout le monde pourra jouer avec !

C’est ainsi que se termine cette première série d’articles consacrés aux communicateurs. J’ai essayé d’en tracer les grandes lignes, et cela va sans dire, il y a encore beaucoup à explorer, à découvrir et à inventer ! Merci de m’avoir lu jusque là, n’hésitez pas à me contacter pour toute remarque, suggestion ou proposition. La porte est grande ouverte et il y a encore tout à faire !

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